Narcissus /Beat Furrer

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Narcissus /Beat Furrer

Message par gluckhand le Dim 19 Aoû - 15:51


Après avoir navigué avec le chant des sirènes avec Frounberg, là , nous sommes avec Narcissus,dans Les métamorphoses d'Ovide et plus précisément dans le personnage de Narcisse apercevant son image ou  son reflet dans l'eau.Et c'est un compositeur de la même génération , lui né en 1954 et autrichien Beat Furrer qui s'y met, sujet austère, sujet sérieux et tout aussi philosophique que le compositeur prend à sa charge et à sa manière .D'abord le plateau , deux récitants psalmodiant ou spregesangant comme l'on veut, les voix se mêlant par moment, se différenciant, s'éloignant l'une de l'autre,avec aussi une soprano et des choeurs.Bien sûr ce qui interesse Furrer, ce n'est pas le héros classique d'opéra, loin de là, on est même très loin du lyrisme verdien ou wagnèrien, on est dans la concentration,l'humilité , presque un minimalisme existentialiste,nécessaire à l'oeuvre pour se contruire ,qui peut à peu à l'écoute étoffe le personnage et l'ouvre, on est pas loin de la musique religieuse d'un Lassus ou d'un Josquin.La musique ,qui elle est moins spartiate que le chant est présente continuellement,et elle est assènée comme des coups de marteau continuels ,très riche d'une palette orchestrale assez magique, ce qui en fait pour un opéra moderne,une forme nouvelle très réussie, ou l'on entre progressivement avec bonheur, dans ces mélopées,qui parties de rien deviennent progressivement envoutantes .Je ne rentrerai pas dans le débat ou le sujet de l'opéra (qu'est-ce qui réel et qu'est-ce qui ne l'est pas) de peur de dire des bêtises ,car pour moi l'important dans l'opéra, ou dans la musique en général, c'est l'émotion que la musique ou le chant dégagent et là c'est réussi, même si l'on s'attend à quelque chose d'autre d'un opéra.Il y a on peut le dire, un certain mysticisme, dans ces bouts de paroles,cette fragmentation des voix, ces phonèmes, éructés,le long de ces 77 minutes que dure l'oeuvre, mais cela est compensé par une musique vivante qui enrobe l'oeuvre continuellement, ces percussions diverses et cette musique tendue lui donnent  une force incroyable supplémentaire.Furrer parle aussi dans le livret des bandes magnètiques et du choix aléatoire des interprètes ,pour moi en tant qu'auditeur, même si je m'attendais à un opéra plus classique  et que l'on à affaire à une sorte de  contre-opéra, cette montée progressive et envoutante des voix,toujours accompagnées d'une musique agressive mais très belle,et toujours très construite,font que j'apprécie énormément cette oeuvre qui par la déconstruction volontaire et voulue de sa forme ,donne encore plus de force et d'écho à son discours.Désolé d'avoir si mal parlé d'une oeuvre qui méritait mieux.

gluckhand

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